SAINT-JOUIN-BRUNEVAL. L’association « Bruneval Raid » a accueilli deux familles de parachutistes du raid de Bruneval.
Chaque année, c’est devenu une habitude pour l’association « Bruneval Raid » présidée par Nicolas Bucourt BEM, de recevoir les familles de vétérans en France pour les mener sur le champ de bataille de l’opération Biting. Chaque parachutiste du Raid de Bruneval a son propre parcours. Certains ont atterri sur la zone de saut de La Poterie-Cap-d’Antifer, d’autres ont atterri sur Saint-Jouin-Bruneval. Certains sont repartis victorieux en Angleterre à l’issu du raid, d’autres ont été capturés par les allemands en 1942.
L’association est un pont entre les britanniques et le patrimoine local. « Lors des dernières commémorations, nous avons déjà mené la visite pour les parachutistes de la « Bruneval Compagny du Parachute Régiment. Régulièrement, nous recevons les enfants, petits-enfants ou bien neveux de vétérans. Leurs points communs, c’est que leurs aïeux ne leur ont jamais, ou très peu, parlé de la guerre. Nombreux des enfants directs de vétérans, nés dans les années 1941-1950, ressentent le besoin de venir marcher dans leurs pas. Les petits-enfants ont ce besoin à un âge plus jeune et un désir d’accompagner leur parent et découvrir une nouvelle facette de leur papy, ce héros » explique Nicolas Bucourt.
Des moments émouvants
Lors du 84ème anniversaire de l’opération Biting, une rencontre avait été arrangée entre le fils du parachutiste John Sutherland et la famille Delamare (elle avait recueilli Sutherland frigorifié et terriblement blessé au bras dans leur ferme pour lui donner les premiers soins). Ces dernières semaines, le neveu du parachutiste écossais Richard. I. Scott est venu avec son fils Ian. « Lorsque je l’ai aperçu, j’ai vu cet air de famille avec le vétéran tant je consulte les photographies et documents à leur sujet. Le neveu de Scott se prénomme également Richard en hommage à son oncle qu’il le considérait comme son fils (n’ayant engendré que des filles). « Nous nous sommes rendus sur la zone de saut de La Poterie où je leur ai fait part de cette anecdote sur Richard Scott. Lorsqu’il a sauté en parachute, il a percuté le container d’équipements largué par son avion. Cela lui engendra quelques contusions au visage et lui déchira son pantalon sur toute sa hauteur car le container s’est pris dans sa dague dépassant fixée à l’extérieur du pantalon ».
Puis Sandra, la fille du parachutiste David Thomas, est venue à son tour avec sa fille Karen. Sandra est née en juin 1942. A ce moment-là, son père était en camp de prisonniers en Allemagne. David Thomas était opérateur de radio et a atterri à Saint-Jouin, de l’autre côté de la valleuse. Il a été capturé le matin du 28 février 1942 avec deux autres de ses camarades. « Nous avons mené ses descendants devant l’hôtel Beauminet à Bruneval où les prisonniers ont subi un premier interrogatoire. Puis, nous nous sommes rendus à Etretat, dans la villa Orphée où s’est déroulé un second interrogatoire et où les parachutistes ont été photographiés. Nous remercions d’ailleurs M. Renié pour nous avoir ouvert ses portes. Puis les prisonniers ont été emmenés à Bléville à l’école Paul Eluard où Sandra était très émue lorsque nous avons confondu ce lieu avec une autre photographie de son père prisonnier » David Thomas ne rencontrera sa fille à la fin de la guerre lorsque cette dernière sera âgée de trois ans. Un parfait inconnu à ses yeux, marqué par trois ans de captivité, revient à la maison… il revient avec un syndrome post-traumatique…. Mais à l’arrivée de ses petits-enfants, il s’apaise naturellement. Thomas est né au Pays-de-Galle et a déménagé dans le Bedfordshire en Angleterre à sa majorité. Bien qu’il parlait parfaitement le gallois, sa vie au Pays-de-Galle est un mystère… Ses enfants n’ont jamais rien su de ce passé Gallois. Ils n’ont jamais su s’il avait eu des frères et des sœurs et n’ont jamais rien su de leurs grands-parents. « Mais en confondant mes archives militaires avec leurs archives familiales, il s’avère que David Thomas a été adopté ! Les recherches continuent. ». Avec les familles Scott et Thomas, Nicolas et Dominique se sont rendus au cimetière du Havre sur les tombes des paras Hugh Mcintyre et Alan Scott, puis devant la plaque du Tilleul, celle de la Poterie-Cap-d’Antifer et au banc mémoriel Strachan ainsi qu’au mémorial de Bruneval où les descendants de vétérans ont déposé, chacun, une croix ornée du fameux coquelicot britannique en souvenir des parachutistes Richard Scott et Davis Thomas.
Le Côte d’Albâtre


