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« Organisations des soins primaires sur le bassin de vie d’Etretat »

ETRETAT. Le groupe de travail « Hygiène et Santé Publique » a présenté ses conclusions, ses propositions et pistes pour lutter contre la désertification médicale.

Le Côte d'Albâtre


Mercredi matin, à l’initiative de la commune, une réunion de concertation avait été organisée concernant la désertification médicale. L’objectif était de rassembler les acteurs de la santé publique. En présence de la députée, Stéphanie Kerbarh, des représentants de plusieurs communes du littoral et de l’agglomération de Fécamp, de la maison médicale de Criquetot-l’Esneval, du délégué départemental 76 de l’ Agence Régionale de Santé, du conseil de l’Ordre des Médecins, de l’Union Régionale des Médecins Libéraux de Normandie, le groupe de travail « Hygiène et Santé Publique » a présenté ses premières conclusions.

Ce groupe de travail piloté par Philippe-Emmanuel Adès, conseiller municipal délégué Hygiène et Santé Publique a été mise en place suite à la pénurie de médecin dans la station balnéaire. Philippe-Emmanuel Adès a tout d’abord dressé un état des lieux, évoquant un bassin de vie de 5000 habitants, présence de professions de santé de proximité (pharmacien, infirmières, chirurgiens-dentistes, orthophonistes, psychologue, cabinet de kinésithérapeute délocalisé à l’extérieur de la commune depuis novembre dernier. Jusqu’en 2015/2016, il y avait neuf cabinets médicaux dans un rayon de 10 km. Etretat compte 38% d’habitants de plus de 60 ans, deux maisons d’accueil pour les personnes âgées. L’ouverture de la maison médicale à Criquetot a généré la délocalisation de la quasi-totalité des médecins du canton. Or moins d’un an après son ouvertue, la maison médicale est arrivé à saturation et n’accepte plus aucun nouveau patient. Si de juillet 2016 à septembre 2017, Etretat avait vu l’installation d’un médecin généraliste originaire de l’Union Européenne, depuis le 20 septembre 2017, la station balnéaire se retrouve sans médecin. Le bilan présenté par Philippe-Emmanuel Adès fait état d’une maison médicale regroupant six médecins généralistes à Criquetot, d’un cabinet médical à Criquetot et à Gonneville-la-Mallet, soit huit médecins généralistes pour une population de 16 450 habitants. Une situation des plus alarmante.

Actions entreprises 

Depuis cinq ans, la municipalité alerte l’intercommunalité face au risque de désertification médical généré par les conséquences sanitaires du regroupement envisagé. En 2014, face à l’inquiétude de la population, un collectif pour l’accès aux soins se crée pour trouver des solutions concrètes et attirer l’attention des instances décisionnelles et des professionnels de santé. La commune inscrit sur son schéma directeur immobilier l’intégration de trois espaces à vocation médicale et paramédicale dans un programme de logements collectifs qui devraient être livrés au cours de 2020.

En 2017, suite à l’annonce du départ du médecin prévue pour septembre, la municipalité prend alors contact avec la SELARL de la maison médicale de Criquetot pour solliciter une réunion de travail et envisager l’organisation de consultations délocalisées, mais cette démarche n’abouti pas. Elle alerte l’Ordre des Médecins, l’ARS de Normandie et l’intercommunalité sur la menace qui pèse désormais sur les populations du bassin de vie et propose la recherches de solutions alternatives. En concertation avec la phamarcien, une importante campagne de communication est lancée (réseaux sociaux, presse régionale et presse professionnelle, chaînes audio-visuelles régionales). En janvier de cette année, la municipalité poursuit son action de communication auprès de jeunes médecins et en février, le conseil municipal prend la décision d’acquérir et de rénover les cabinets médicaux laissés vacants afin de faciliter l’installation d’un ou plusieurs médecins.

Propositions 

Au cours de cette réunion, Philippe-Emmanuel Adès a rappelé les propositions de la mission d’évaluation sénatoriale et présenté les propositions du groupe de travail : faciliter l’installation libérale d’un ou deux médecins (éventuellement par mutualisation avec les communes concernées sur le littoral), développer des consultations médicales délocalisées sur le bassin de vie en coopération avec les cabinets existants, mettre en place un pôle de santé fonctionnel mutli-sites pour couvrir l’ensemble des besoins du territoire du littoral, mettre en place un centre de santé couvrant le territoire du littoral de la côte d’albâtre autour du Grand Site des Falaises d’Etretat, évaluer la pertinence d’une contractualisation de PTMG (praticien territorial en médecine généralisée) dans ses deux déclinaisons (PTMA et PTMR), développer une réflexion complémentaire sur l’utilisation horizontale du numérique et des nouvelles technologies pour permettre l’accès aux soins.

Pistes retenues 

En conclusion, M. Adès a les trois pistes retenues : Grâce à l’URML, contribuer à réperer une solution de remplacement pour l’été (ETRETAT/Les Loges) en coopération avec la maison médicale de Criquetot, envisager un exercice en temps partagé, à élaborer avec l’ARS qui va solliciter les établissements de santé susceptibles de porter un projet de cette nature, organiser des réunions de travail entre les élus, les professionnels de santé, les EHPAD… pour étudier la mise en œuvre d’un P.S.L.A (Pôle de Santé Libéral Ambulatoire). « La réalisation des objectifs implique une concertation avec tous les professionnels pour construire un projet de réponse médicale ambulatioire durable. »

Le Côte d’Albâtre

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